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Opinions

L’aviation pour éteindre les feux de forêt.

Voici comment fonctionne le travail des pompiers du ciel. Photo: Jean-Pierre Bonin L’aviation prend un rôle essentiel l’été pour détecter et éteindre les feux de forêts. Voyons un peu comment fonctionnent les équipes du ciel de la SOPFEU pour accomplir leur travail et comment nous les pilotes pouvons les aider à faire leur travail en toute sécurité.

Photo: Jean-Pierre Bonin

Premièrement, il y a les patrouilles de feux. Chaque jour, des appareils souvent de type Cessna  182RG s’envolent pour effectuer cette tâche. Le C-182RG est un avion qui a la réputation d’être fiable économique, et sécuritaire.  Les pilotes aux commandants sillonnent donc les vastes forêts québécoises pour détecter tout début d’incendie. Ceux-ci assument une première étape qui est la détection.

Deuxièmement arrivent les « aéropointeurs ». Les avions utilisés pour cette tâche sont souvent des bimoteurs par exemple des Cessna 310 et 337. Des appareils capables d’accueillir l’équipement, un pilote, et un navigateur. Les « pointeurs » sont responsables d’établir des coordonnées GPS précises sur chaque foyer d’incendie. Ils établissent aussi les priorités d’interventions et coordonnent les équipes au sol en tournant autour du feu comme un vautour autour de sa proie. Par exemple, il dira aux pilotes des bombardiers d’eau dans quel lac s’approvisionner ou dira aux hélicoptères quand et où déposer les pompiers. Une seule fréquence radio est utilisée par les « aéropointeurs » pour faire leur travail et tous les intervenants sont à l’écoute de celle-ci pour suivre les précieuses directives provenant du ciel. Les fréquences de la SOPFEU ne sont pas publiées et ne doivent pas être utilisées par les aéronefs non participants. Un peu comme un contrôleur du ciel, les « aéropointeurs » sont un maillon essentiel dans les combats de feux de forêts, car ils s’assurent de coordonner l’intervention des pompiers sur le terrain et dans le ciel.

Finalement, entre en scène les bombardiers d’eau et les hélicoptères. Habituellement les bombardiers d’eau sont des CL-415, maintenant appelé Bombardier 415. Des bimoteurs  robustes, turbopropulsés, et capables de transporter plus de 6000 litres d’eau à  chaque passage. Les hélicoptères pour leurs parts pourront aussi transporter de l’eau, mais sont surtout utilisés pour transporter du matériel et des pompiers.

Bref, les feux de forêt représentent un défi de coordination pour l’aviation particulièrement cette année. Nous constatons que  chaque membre de l’équipe à un rôle bien précis à jouer et rien n’est laissé au hasard. Voilà pourquoi, et nous terminerons là-dessus, il est très important que les pilotes de brousse ou autres curieux du ciel se tiennent à l’écart de chaque intervention.  Voici donc un extrait du règlement aérien canadien (RAC) à propos de cette question ;

Restrictions relatives à l’utilisation d’aéronefs lors des feux de forêts

601.15 Il est interdit d’utiliser un aéronef dans les cas suivants :

a) à une altitude inférieure à 3 000 pieds AGL au-dessus d’une région sinistrée ou de la région située à moins de cinq milles marins de la région sinistrée;
b) dans tout espace aérien indiqué dans un NOTAM délivré en vertu de l’article 601.16.
Délivrance d’un NOTAM visant des restrictions relatives à l’utilisation des aéronefs lors des feux de forêts
 

601.16 Le ministre peut délivrer un NOTAM qui vise des restrictions relatives à l’utilisation des aéronefs lors des feux de forêts et qui indique les renseignements suivants :
a) l’endroit et l’étendue d’une région sinistrée;
b) l’espace aérien où des opérations de lutte contre l’incendie sont en cours.
Exceptions
 

601.17 L’article 601.15 ne s’applique pas aux personnes suivantes :
a) les personnes qui utilisent un aéronef à la demande du responsable de la lutte contre l’incendie compétent;
b) les membres du personnel du ministère des Transports qui utilisent un aéronef dans l’exercice de leurs fonctions de surveillance et d’application de la législation aérienne.

Il y a actuellement plus de 1200 pompiers provenant d’un peu partout au Canada pour combattre la centaine de feux en activité dans le Nord du Québec. Nous aimerions les remercier pour leur courage et leur travail remarquable.  Laissons-les travailler en toute sécurité en respectant leurs périmètres d’intervention.

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