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Anecdotes de pilotes

Une journée dans la peau d’un aéropointeur.

Quand les indices de feux sont intenses, à vos avions patrouilleurs! Photo: Raphael Langumier Le travail de patrouilleur du ciel pour la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) est un travail aérien que plusieurs pilotes professionnels québécois ont occupé dans le cadre de leurs cheminements de carrière.  Il s’agit d’une expérience professionnelle hors du commun. Voici un peu comment ça se passe. Les prévisions de patrouilles se font la veille dépendamment des indices de danger. Ils détermineront  le nombre de patrouilles quotidiennes que fera le pilote durant sa journée de travail.  Il pourra exécuter jusqu’à trois vols  par jour d’une durée de deux à trois heures chacun à bord d’un Cessna 182 RG.

L’itinéraire est prédéterminé par la SOPFEU http://www.sopfeu.qc.ca/ elle-même qui commande les destinations. Bien que la détection de feux de forêts se fait au vol à vue (VFR), les pilotes sont quand même tenus d’être qualifiés pour le vol aux instruments (IFR). En effet, il est toujours possible que les patrouilles soient surprises par des mauvaises conditions météorologiques avant même d’être de retour à leur base. (Photo: Mathieu Crépeau) Bref, suite au décollage, le rôle du pilote est de suivre l’itinéraire établi par la SOPFEU à l’aide d’un dispositif GPS, nommé GPSF, modifié spécialement pour les feux de forêts (Photo ci-jointe). Évidemment, le pilote aura aussi des cartes à bord en cas de bris du GPSF. Photo: Mathieu Crépeau

Lors de la découverte d’un feu de forêt, l’aéropointeur se dirige immédiatement vers l’incendie, identifie et confirme celui-ci, et finalement avise la SOPFEU. Le patrouilleur devra aussi identifier soigneusement l’emplacement et la sorte de combustible. Par exemple, s’il s’agit d’une forêt de conifères ou de feuillus. Aussitôt, la SOPFEU dépêchera le Cessna 310 (l’aéropointeur) et les avions-citernes Bombardier 415 sur les lieux pour entreprendre l’intervention.

Le travail ne s’achève pas là pour l’aéropointeur, puisque celui-ci devra remplir un rapport à l’aide du  GPSF sur lequel il indiquera les sources d’eau à proximité, les emplacements d’atterrissages possibles pour les hélicoptères, les accès routiers, etc. Ce rapport est ensuite acheminé par radio à l’aide du GPSF, qui transmet les données à la façon d’un télécopieur. Dépendamment des indices de feux, le pilote qui a la tâche de patrouiller et de trouver les feux de forêt retournera immédiatement sur son trajet d’origine afin de poursuivre son travail de détection. Bref, il répète l’itinéraire établi par la SOPFEU à plusieurs reprise selon les indices de feux.

Lors d’une intervention, il peut y avoir jusqu’à une trentaine d’avions d’impliqués au même moment! La logistique devient donc très importante. Ce sera alors aux pointeurs (Cessna 337) de prendre le relai et de contrôler les opérations avec l’aide toujours des aiguilleurs de la SOPFEU. Les circuits sont gérés par quatre centres régionaux de lutte contre les incendie de forêt soit Maniwaki, Val-d’Or, Roberval et finalement Baie-Comeau. Ceux-ci  sont supervisés par le centre provincial de lutte aux feux de forêt à Québec. Tous les aéronefs en contrat avec la SOPFEU (Citernes, patrouilleurs, pointeurs) sont évidemment suivis grâce au GPSF évitant ainsi d’envoyer plusieurs avions au même endroit et de risquer des collisions!

Voilà donc un métier captivant, mais aussi épuisant surtout lors des journées très chaudes.  Souvenons-nous que pour observer les feux sous plusieurs angles, les pilotes doivent survoler le territoire à une altitude ne dépassant pas 2000 pieds. Cela fait en sorte que les pilotes de détection ou aéropointeurs volent régulièrement dans conditions de turbulence mécanique importantes et des températures avoisinant souvent le trente degrés Celsius. Se faire « brasser » à la chaleur pendant des heures n’est pas toujours amusant, mais cela est le prix à payer pour assurer la protection de nos forêts!

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